Hydratation, température et sécurité de décompression : nouveaux éclairages issus des recherches de DAN (Diving Alert Network)

Michael Menduno s’est demandé si optimiser l’hydratation et la température d’un plongeur pouvait améliorer sa sécurité en matière de décompression.

Au cours des deux dernières décennies, les chercheurs en médecine hyperbare — et, à leur suite, les plongeurs — ont compris qu’une hydratation correcte jouait un rôle important dans la réduction du risque d’accident de décompression (ADD).

Si cette idée reposait d’abord sur une simple observation empirique — les plongeurs victimes d’un « bend » étaient souvent déshydratés —, des études récentes ont montré que la déshydratation favorise la formation de bulles, tandis qu’une bonne hydratation avant la plongée réduit leur apparition dans la circulation sanguine.

« Plus d’eau, moins de bulles », résume avec un sourire le Dr Alessandro Marroni, fondateur et président de DAN Europe.
« L’hydratation augmente le flux sanguin et donc le transport de l’oxygène (O₂) et des gaz inertes, tant pendant la saturation que lors de la désaturation. Ce sont les différences de pression qui font circuler les gaz. »
L’hydratation, la pression et, bien sûr, l’oxygène, constituent depuis longtemps les piliers du traitement des ADD.

Ce que l’on ne sait pas précisément, en revanche, c’est quelle quantité de liquide, à quel moment et avec quelle fréquence un plongeur doit s’hydrater pour maximiser les effets bénéfiques.
Une surhydratation peut en effet poser problème et accroître le risque d’œdème pulmonaire d’immersion (OPI). Le message « restez hydraté » doit donc être appliqué avec discernement.

Les chercheurs ont également pris conscience que l’état thermique du plongeur au cours d’une plongée pouvait influencer de manière significative le risque de décompression.

Cette découverte a notamment émergé lors des opérations de recherche et de récupération du vol TWA 800, qui explosa et s’écrasa dans l’océan Atlantique peu après son décollage de l’aéroport JFK de New York, le 17 juillet 1996.
Un chercheur perspicace remarqua que le taux d’ADD parmi les plongeurs de la marine américaine impliqués dans la récupération des enregistreurs de vol était légèrement supérieur à ce qu’on aurait attendu.
Ces plongeurs portaient des combinaisons chauffantes à eau chaude, maintenant activement leur température corporelle.

Sur 752 plongées à environ 36 m de profondeur, dix plongeurs durent subir un traitement en caisson, principalement pour des ADD de type 2 (neurologiques).
L’article publié en 1997 par C.T. Leffler et J.C. White, Recompression treatments during the recovery of TWA Flight 800, concluait à une augmentation du taux d’ADD chez les plongeurs chauffés activement, observation déjà notée chez les plongeurs commerciaux de la mer du Nord.

Cette publication suscita un intérêt accru pour les systèmes de chauffage actifs et leur influence sur la décompression.

En 2007, l’US Navy Experimental Diving Unit (NEDU) publia un rapport dirigé par le physiologiste Wayne A. Gerth, intitulé The Influence of Thermal Exposure on Diver Susceptibility to Decompression Sickness (NEDU TR 06-07, novembre 2007).
Selon cette étude :

« L’état thermique du plongeur durant les différentes phases d’une plongée influence fortement sa sensibilité à l’ADD. Des conditions froides pendant le temps de fond et chaudes pendant la décompression sont optimales pour minimiser le risque et maximiser le temps d’immersion. Les plongeurs doivent donc rester au frais durant le fond et au chaud pendant la décompression. »

Gerth et son équipe ont montré qu’augmenter la température de 10 °C pendant la décompression équivalait à réduire le temps de fond de moitié !
Mais les effets physiologiques du statut thermique d’un plongeur restent complexes.

Ces résultats sur l’hydratation et la température posent donc une question évidente : peut-on exploiter ces paramètres pour réduire le risque de décompression ?
C’est précisément ce que les chercheurs de DAN Europe cherchent à déterminer dans une nouvelle étude en cours.


Le système circulatoire comme tapis roulant

Le Dr Marroni et son équipe mènent une étude sur les « gradients hydrothermiques » afin d’examiner l’effet combiné de l’hydratation et de la température.
La question posée :

« Peut-on conditionner le flux sanguin d’un plongeur pour influencer la saturation et la désaturation des gaz, en régulant finement la quantité de liquide et la température, qui affectent le flux et la vasoconstriction ? »

L’équipe mesurera la formation de bulles en faisant varier ces deux paramètres et leur interaction.
Pour ce faire, elle utilisera le nouveau système biométrique de DAN Europe, désormais appelé DANA-Health, pour surveiller les plongeurs pendant leurs immersions, ainsi que des dispositifs Doppler sous-marins et des prélèvements sanguins.

Bien que les fluides et la température puissent sembler des facteurs distincts, ils sont tous deux directement liés à la perfusion.
Comme l’explique Marroni :

« Imaginez le système circulatoire comme un tapis roulant qui transporte les gaz dans et hors des tissus. Plus il y a de fluide, plus il y a d’oxygénation et d’échanges gazeux. Moins il y a de flux, moins il y a de transport de gaz inertes. »

Ainsi, un plongeur déshydraté au départ verra le transport des gaz inertes ralenti, favorisant leur accumulation.
Une étude de 2008 (Predive Sauna and Venous Gas Bubbles Upon Decompression from 400 kPa, par J.E. Blatteau, avec C. Balestra et P. Germonpré, chercheurs de DAN) a montré qu’un passage au sauna avant une plongée en caisson à l’équivalent de 30 m de profondeur pendant 25 minutes réduisait la formation de bulles.
Les chercheurs ont émis l’hypothèse que la déshydratation légère provoquée par la chaleur diminuait la charge en gaz inertes et donc la production de bulles.

De la même manière, chauffer activement un plongeur entraîne une vasodilatation, donc un accroissement du flux sanguin et des échanges gazeux — ce qui peut être indésirable pendant la phase de saturation.
À l’inverse, refroidir la peau provoque une vasoconstriction qui réduit le flux.

L’analogie du tapis roulant explique aussi pourquoi un exercice léger pendant la décompression réduit le risque d’ADD : il augmente le flux sanguin et donc la désaturation.

L’ensemble de ces résultats suggère qu’il serait possible, à terme, de développer une stratégie pratique pour améliorer la sécurité de décompression.
Un plongeur pourrait, par exemple, commencer son immersion légèrement déshydraté et avec le système de chauffage désactivé, afin de limiter la charge en gaz inertes lors de la descente et du travail au fond.
Puis, lors de la remontée, il activerait le chauffage, s’hydraterait progressivement, voire effectuerait un léger exercice pendant la décompression.

Mais tout est dans les détails : c’est justement ce que Marroni et ses collègues cherchent à préciser.
Et, comme le conclut avec humour l’article original :

« Restez assoiffés, mes amis. »

Note de prudence :
Tout échauffement actif doit être progressif afin d’éviter la formation de bulles sous-cutanées (les « bends » cutanés), car la solubilité des gaz diminue avec la température.
De même, l’exercice doit rester léger, avec peu de contraintes articulaires, pour ne pas favoriser la production de bulles.


FAQ : Hydratation, température et sécurité de décompression

Pourquoi l’hydratation est-elle importante ?
Une bonne hydratation améliore le flux sanguin et le transport des gaz, réduisant ainsi le risque d’ADD. Les études montrent que s’hydrater avant la plongée diminue la formation de bulles.

La surhydratation peut-elle être dangereuse ?
Oui. Un excès de liquide peut accroître le risque d’œdème pulmonaire d’immersion (OPI). Il faut donc s’hydrater raisonnablement.

Comment la température influence-t-elle le risque ?
Être froid pendant le fond et chaud pendant la décompression réduit le risque d’ADD. Les recherches de la marine américaine ont montré que le réchauffement durant la décompression améliore significativement la sécurité.

Qu’est-ce que l’analogie du “tapis roulant” ?
Le système circulatoire fonctionne comme un convoyeur de gaz : plus de flux signifie plus d’oxygène et d’échanges, tandis que la déshydratation ralentit le transport des gaz inertes.

L’exposition à la chaleur avant la plongée a-t-elle un effet ?
Oui. Une étude de 2008 a montré qu’un sauna avant plongée réduisait la formation de bulles, probablement grâce à une légère déshydratation et une moindre charge en gaz.

Pourrait-on un jour utiliser le contrôle de l’hydratation et de la température comme stratégie ?
Peut-être. Les chercheurs étudient la possibilité de rester plus frais durant la descente et le travail, puis de se réchauffer et de s’hydrater durant la décompression pour optimiser la sécurité.

Quels outils les chercheurs de DAN utilisent-ils ?
Le système DANA-Health, associé à des mesures Doppler sous-marines et à des analyses sanguines, permet d’évaluer comment les gradients thermiques et l’hydratation influencent la formation de bulles.

Quelles précautions faut-il prendre avec la chaleur ou l’exercice en décompression ?
Le réchauffement doit être progressif pour éviter les bends cutanés, et l’exercice modéré pour améliorer la circulation sans générer de bulles articulaires.


Article initialement publié dans Scuba Diver Magazine
[Source : DAN.org – Diving Alert Network Europe]

Action «Mairie» Découverte de la plongée et du littoral. Edition 2025

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et la vidéo
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Et encore bravo!
Bonnes bulles!
Michel et l’équipe du MUC Plongée

Handisub

La pratique des activités subaquatiques pour les personnes en situation de handicap est en plein essor depuis la signature d’une convention en 2011 entre la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins (FFESSM) et la Fédération Française Handisport (FFH), puis en 2012 avec la Fédération Française du Sport Adapté (FFSA).

🐠🐠🏊🖐️ Créneau Handisub les lundis 15-17h en piscine

L’association MUC Plongée dispose d’un créneau à la piscine Marcel SPILLIAERT tous les lundi de 15h00 à 17h00.
Ces deux heures, en partie consacrées à la formation des Handiplongeurs
sont ouvertes à l’ensemble des adhérents dans une démarche de mixité et de pratiques communes aux diverses sections.

handi

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Quelle que soit la situation de handicap rencontrée, moteur, sensoriel, mental, psychique ou cognitif, toute personne est considérée apte à plonger pour peu qu’elle produise un certificat médical d’absence de contre-indication à l’activité subaquatique qu’elle aura choisie. La formation débute en milieu protégé, dans une piscine ou en milieu naturel, le moniteur est amené à adapter  les moyens techniques aux capacités du pratiquant Handisub qui font d’elle une personne unique.  Cette pratique constitue donc une très bonne école pour les encadrants motivés pour développer leurs méthodes pédagogiques où la relation à l’humain a une dimension importante.
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Check-list de plongée

Les fondamentaux:

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  3. Palmes
  4. Masque
  5. Plombs & ceinture
  6. Masque
  7. Détendeur & octopus
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  9. Ordinateur
  10. Couteau ou Easy Cut,
  11. Lampe de Poche
  12. Parachute
  13. Dévidoir

Plongée explo

L’exploration est une balade sous marine destinée aux plongeurs déjà titulaires d’un niveau de plongée leur permettant d’évoluer en autonomie.

Le MUC Plongée est engagé dans la découverte du monde subaquatique à travers des baptêmes effectués à dates périodiques avec ses partenaires (Mairie, MUC, Comités d’entreprises, etc.). Il vise ensuite à conduire ses adhérents vers une pratique en autonomie de la plongée et respectueuse de l’environnement, à travers des sorties et expéditions sur les côtes des pays alentours.

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Sorties, perfectionnement, autonomie, sécurité

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Plongée tech’

Les plongeurs de loisir forment une communauté passionnée, animée par un amour profond pour les fonds marins et une quête inextinguible d’aventure dans ce monde à part où les règles de la terre semblent s’effacer. Parmi eux, certains se tournent vers la plongée technique (la « Tec » comme ils disent). C’est une discipline exigeante et passionnante qui ouvre la porte à un tout nouveau niveau d’exploration sous-marine.

À des profondeurs moins importantes, la plongée technique permet de prolonger la durée passée sous l’eau, offrant ainsi aux plongeurs l’opportunité d’observer, d’étudier et de comprendre les écosystèmes sous-marins de manière plus approfondie. D’un autre côté, la plongée technique permet également de repousser les limites de la profondeur, ouvrant la voie à des aventures à couper le souffle et à la possibilité de découvrir des endroits extraordinaires que peu de gens auront la chance de voir de leurs propres yeux. Grottes, épaves, tombants, faune et flore profondes deviennent ainsi accessibles.

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Bienvenue sur le site du MAPUC

Site du MAPUC club de plongée de Montpellier. Plongée loisir et technique, baptême et formation.

Le MAPUC est un club de plongée installé à Montpellier, proposant formations et sorties sur la région et le littoral des régions alentour.

Tarifs

– Adhésion individuelle = 110 €
– Adhésion Tarif familiale = + 50€ par membre de la famille supplémentaire
– Formation Niveau 1 : gratuit
– Formations N2 et N3 : 70€
– Formation Nitrox : gratuit
– Pour primo adhérent uniquement qui adhérerait tardivement (printemps ) possibilité d’une adhésion individuelle à 55 €
– Gonflage air comme Nitrox : gratuit pour les adhérents

Sorties

Les plongées se font dans les régions de Montpellier, Marseille, La Ciotat ou Banyuls. Plongées d’exploration et plongées techniques de formation. Exploration épaves, tombants, etc.

Formation

Le club propose des formations du N1 au N3. Des éances de baptême sont régulièrement assurées en piscine et en pleine mer et partenariat avec les acteurs locaux. Le MAPUC propose également des formations aux qualifications fédérales (gaz, biologie, etc.).

Nitrox 

Le MAPUC est un club de plongée installé à Montpellier, proposant formations et sorties sur la région et le littoral des régions alentour. 

Basé dans les locaux du MUC (Montpellier Université Club), le MAPUC possède une station de gonflage. Né d’une passion commune et d’un constat selon lequel il était difficile de trouver des stations NITROX dans la région, le club a décidé de mettre en plage une station de gonflage Air et Nitrox. Le MAPUC est ainsi pour l’heure la seule structure associative à proposer à ses membres le gonflage NITROX sans surcoût additionnel.

Vidéos

La Paillade : Plongée en eau claire – YouTube

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